KAGUNDA Josephine
Josephine, Kenya

Université : Metz

 

Je suis arrivée pour la première fois en France en septembre 2009, afin de réaliser ma thèse en mathématiques appliqués, après avoir reçu un bourse de thèse en co-tutelle entre l’université de Nairobi et l’université de Metz, France, allouée par l’Ambassade de France de Nairobi.

Pendant les trois dernières années, j’ai rendu des visites à mon directeur de thèse qui m’a guidée à travers le monde de la biologie mathématique, des applications et simulations de systèmes dynamiques, en ayant recours à scilab, matlan et maple. J’ai pu avoir accès aux ressources des laboratoires INRIA de Metz et j’ai apprécié de travailler dans un environnement qui encourageait les recherches. L’environnement favorable m’a aidé à développer mes capacités de concentration et de motivation, je n’ai jamais été découragée de rechercher des informations dans les livres, sur internet, dans les revues scientifiques.

La France est un beau pays, avec des gens merveilleux, et offre un environnement propre et sûr pour travailler et vivre. Le personnel travaillant dans les différents départements de l’université est très efficace. Je n’ai jamais souffert, même pour une journée, de la perte de mes données ou d’un problème qui n’avait pas sa solution. En fait, à chacun de mes séjours, j’étais attendue dans chaque bureau où j’avais un rapport à remettre. J’ai vraiment aimé mon séjour là bas.

J’ai adoré certains plats typiques, en particuliers les fruits : en particulier les gâteaux aux pommes et aux poires, qui me manquent quand je suis au Kenya. Les sandwichs et les baguettes que je mangeais au dîner ou pendant les week-ends avaient un goût très différent du pain que l’on fait au Kenya. J’ai un peu souffert du manque de variété – j’ai mangé beaucoup de riz – githeri, ugali avec des légumes verts et le « nyama choma » sont irremplaçables.

La vie sociale française est assez différente de celle des Kenyans, ce qui a été un peu difficile pour moi. J’ai l’habitude de parler avec n’importe qui près de moi dans le bus, le train ou dans mon bureau, sans déranger. Quand je suis arrivée là bas, j’ai appris à ne m’occuper que de mes affaires. J’ai appris à travailler de manière indépendante, en demandant de l’aide seulement quand c’était nécessaire. Cela a renforcé mon indépendance et m’a donné le courage de résoudre seule mes propres problèmes.

Etant profondément chrétienne, j’ai passé deux semaines à me demander si jamais je ne trouverais une église où passer mon dimanche. Par chance il y avait beaucoup de chrétiens qui passaient dans ma résidence universitaire, pour inviter les gens à se rendre à l’église de la ville d’à côté. J’ai ainsi pu me faire beaucoup d’amis à l’Eglise Evangélique de Metz. La messe magnifique et les gens fabuleux qui priaient pour moi dans les moments difficiles de ma thèse me manquent beaucoup. J’ai adoré les chansons de pèlerinage françaises, qui étaient si différentes. Au début ma prononciation à fort accent anglais était très drôle. Je ne comprenais pas pourquoi les gens me regardaient, j’écoutais la chanson, jusqu’à ce que je réalise que ma prononciation gâchait la chanson…lol. Mais, plus tard, après des cours de français qui m’ont été offert par un consultant en France, j’ai amélioré mon français et j’ai pu apprécier mieux la musique.

La différence de température entre le Kenya et la France peut être problématique pour les voyageurs la première fois. J’ai du porter de très chaudes vestes en octobre et en novembre, et Décembre était insupportable. Le froid oblige à porter des habits très chauds et des bottes, ce à quoi nous ne sommes pas habitués. Le soir, je me sentais si fatiguée physiquement et mentalement. Dans ces jours là Nairobi me manquait terriblement et j’avais besoin de voir le soleil. Parfois j’avais des insomnies et je n’arrivais pas à comprendre si c’était lié au changement de climat. Malgré tout, les chambres ont des chauffages et une fois sur place, on peut vraiment profiter de la vie dans le monde qui bouge vite.

A la fin de cette aventure, j’ai pu soumettre mon travail en juin 2012. Le système là bas est très efficace. Après la soumission, si le travail est accepté, la soutenance peut avoir lieu dans un délai de huit semaines. Et à la fin du mois d’octobre 2012, après les vacances d’été, ma soutenance a été programmée le 23 novembre 2012. Après la soutenance, j’ai passé deux semaines à corriger et à intégrer les remarques de mon jury, et j’ai pu terminer mon travail. Merci à l’ambassade de France et à mes directeurs de thèse.  

Dr. Josephine Wairimu K